Des POUVOIRS PUBLICS aux abonnés absents

octobre 15, 2014 dans Pouvoirs publics

Depuis 2005 un certain nombre d'élus - de droite comme de gauche - se sont déclarés favorables à la cause du Grand Écran. Pourtant toutes nos demandes de protection de la salle ont été invariablement refusées par la Ville de Paris, qui jusqu'en 2011 a accordé toutes ses autorisations pour sa destruction !


A force d’argumentation pendant toutes ces années notre association est enfin parvenue à convaincre la VILLE DE PARIS de la nécessité de conserver cette salle. Contre toute attente celle-ci ne s’est pas opposée aux vœux déposés à partir de 2013 au Conseil de Paris par le groupe EUROPE ÉCOLOGIE LES VERTS (tout en les édulcorant quelque peu).

 

Au final le rôle de la Mairie a été déterminant car elle seule pouvait stopper les travaux de salle de sport démarrés en toute discrétion en août 2014 sans aucune autorisation ; et soumettre son accord - attendu de longue date par HAMMERSON pour l’extension de son centre commercial - à la résolution du problème GRAND ÉCRAN. Allant jusqu’à inclure la parcelle convoitée sur l’avenue d’Italie dans son appel à projets innovants lancé fin 2014 sur différents sites parisiens.


Ces derniers temps le GRAND ÉCRAN était donc l’objet d’une pression réciproque entre d'une part la VILLE DE PARIS qui faisait dépendre son autorisation de la solution trouvée, et de l'autre HAMMERSON qui de son côté - même s’il s’en défendait - n'acceptait de signer l'achat des murs que s’il remportait l’appel d’offres !

 

Quant à nous nous avions en partie atteint notre but puisque de quantité négligeable le GRAND ÉCRAN était redevenu à juste titre un enjeu de première importance, comme nous l'avions démontré.

 

Après avoir longtemps ignoré et même dénigré notre combat, la VILLE DE PARIS a tardivement joué son rôle dans l’issue favorable de ce feuilleton rocambolesque, non sans nous avoir mis en demeure de lui régler les frais de justice réclamés dans les procédures engagées par nos soins pour sauver son patrimoine, cher au cœur des parisiens !

 

On peut toutefois regretter l’abandon par les pouvoirs publics entre des mains entièrement privées de cet espace culturel conçu par la VILLE DE PARIS dans le but de revaloriser l’Est parisien (et dont le caractère d’intérêt général avait été expressément défini par le Conseil de Paris). En livrant la salle à la spéculation immobilière, en lui refusant toute protection et en laissant son entière propriété à une société dédiée au tout commercial, on peut légitimement s’interroger sur son avenir à long terme vu que de nos jours de nombreux lieux de patrimoine se retrouvent menacés malgré les lois censées les protéger.



En 2005, la signature d’élus de tous bords à la pétition pour la sauvegarde du Grand Écran, ainsi que les déclarations publiques du Député-Maire du 13°, Serge BLISKO, de « s’opposer par tous les moyens juridiques et politiques à la transformation en magasins de ces salles », laissaient présager le plein soutien des pouvoir publics à la préservation du Grand Écran. Pourtant il n’en fut rien, et à ce jour cette superbe salle ne doit sa survie qu’à la mobilisation sans relâche et aux recours contentieux de notre association, contrainte de suppléer aux engagements non tenus du Maire !


Mais cette cause - qui transcende les clivages politiques - se heurte à l'inertie des pouvoirs publics de tous bords qui, à de rares exceptions près, préfèrent bizarrement défendre des intérêts privés plutôt que « l'intérêt général » expressément attribué au Grand Écran par le Conseil de Paris.


Notre combat pour la culture et le patrimoine s’avère d’autant plus difficile que cette remarquable salle à vocation polyvalente, largement financée sur fonds publics, se retrouve abandonnée au bon vouloir de sociétés milliardaires dont le seul argument est celui de la rentabilité. Il est hélas emblématique des mutiples attaques portées de nos jours à d'autres missions de service public (santé, éducation, justice...)

 

Le problème ce n'est ni la droite ni la gauche, mais la loi du marché sans contrôle qui permet de vouer à la démolition un équipement de cette envergure, présenté lors de sa construction comme grand chantier de l'état et réalisation de la municipalité, et déclaré «d'intérêt général» par la Ville de Paris.

Le Grand Écran n'est ni de droite ni de gauche, il appartient à tous de le sauver.

 

La cause du Grand Écran suscite toutefois l'intérêt de nombreux responsables culturels et politiques, qui considèrent plus important de maintenir place d’Italie un équipement au rayonnement fort plutôt que de banals commerces.


Il va sans dire que contrairement à certaines rumeurs infondées l’association reste strictement neutre à l’égard des partis politiques, et s'efforce de mobiliser des élus de toutes tendances.


Voir aussi :

Le maire de Paris renvoie la culture à la rue dans le 13ème arrondissement ! - Déc. 09

→ "COMPTES-RENDUS DE MANDAT du Maire de Paris"

"Des élus de tous bords soutiennent le Grand Écran"

→ "Nos élus et le Grand Écran"

"Les personnalités politiques veulent-elles vraiment agir ? L'exemple de la fermeture du Grand Ecran de la place d'Italie" , par le Treizième Citoyen


Florilèges :

 

"Je pense que la Culture doit être considérée comme un secteur aussi stratégique (que la Défense) et que son budget devrait être stabilisé... On ne doit plus considérer que la culture, c’est des strass et des paillettes, quelque chose de très parisien. Non, c’est de la citoyenneté et du lien social : là où il y a des associations culturelles, des pratiques artistiques, il y a moins de violence et de délinquance." (Interview d'Aurélie Filippetti au Parisien le 07.04.13)

 

 Nous osons espérer que les propos de notre nouvelle Ministre de la Culture s'appliqueront au Grand Écran qui occupe une place stratégique au coeur de notre région :

 

 

La Culture est un formidable levier économique vecteur de croissance et d’attractivité internationale… Les études d’impact réalisées en France ou en Europe indiquent toutes que l’investissement culturel génère des revenus multipliés, qu’il s’agisse d’un équipement culturel ou d’un festival.

Christophe Girard, adjoint au maire de Paris à la culture (Le petit livre rouge de la Culture - Janv.12)

 

 

 "La Culture c'est le ciment de notre cohésion, le moteur du dynamisme de l'économie et le gage indispensable pour que nos territoires demeurent attractifs... La Culture, c'est la réponse française à la crise." (Nicolas Sarkozy lors de ses Voeux au monde de la Culture en janvier 2012 à Marseille)

"Je souhaite faire de la culture la réponse de la France à la crise économique" (Nicolas Sarkozy lors de la présentation du Conseil pour la création artistique - février 2009)


 

 

"La culture n'est pas une marchandise, et ne peut donc être abandonnée au jeu aveugle du marché. C'est tout le sens du combat pour l'exception culturelle" (Jacques Chirac aux rencontres Européennes de la culture - Mai 2005)


Des artistes, des intellectuels mettent en avant cette aspiration à la culture dans notre société de communication (encore faudrait-il que les politiques en prennent les moyens plutôt que de favoriser la consommation à outrance) :

 

"On s'aperçoit dans le monde dans lequel on vit, spécialement en ce moment, que la vraie richesse c'est la culture plus que l'argent. Il faudrait qu'ils mettent un peu plus de culture dans l'économie, et un peu plus d'économie dans la culture, parce que... c'est la vie. Rêver plus, s'envoler plus, s'enchanter plus par la culture, c'est vivre plus. Surtout en période de crise. On voit bien aujourd'hui que l'issue de secours, là où les gens peuvent considérer que tout n'est pas foutu, c'est avec les poètes, les musiciens, les créateurs, c'est-à-dire d'ouvrir des planètes autres que la nôtre qui est foutue par l'argent.

 

Il faut arrêter de considérer que la culture coûte cher. Un monde sans culture coûterait beaucoup plus cher."

 

(Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point, sur France-Inter, à l'occasion des voeux de Nicolas Sarkozy au monde de la culture le 13/1/09)

 

 

 Daniel Cohen* suggère quant à lui, pour lutter contre les méfaits de la société de surconsommation et de l'addiction à la consomation moderne, et pour ralentir les effets de la crise mondiale, d'orienter les activités de notre nouvelle civilisation post-industrielle vers le cybermonde, le monde du spectacle, de la culture, de l'art, des artistes, etc... (3/9/09)

  

* normalien, économiste et mathématicien, homme de gauche, conseiller du FMI et de la Banque mondiale... ("La prospérité du vice")


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